M. Gandhi avait adopté cette logique incontestable, qui faisait sa force psychique, selon laquelle personne ne peut nous abaisser sans qu’on l’ait choisi. Il n’est pas question ici du droit que les autres ont ou n’ont pas de nous abaisser. Il s’agit de la responsabilité personnelle de son état, suite à la dévalorisation par l’autre. Cela tient du fait que l’autre est responsable de ses actes et de ses paroles, mais nous sommes responsables de ce que nous en faisons. Lorsqu’une personne vit douloureusement la dévalorisation par l’autre, ce qui est douloureux en réalité, c’est le fait d’avoir consenti à cela.
Si nous n’avions pas en nous des blessures qui nous fragilisent, la douleur ne serait pas si vive et déstabilisante. En d’autres termes, si la confiance en soi, l’estime de soi et l’amour pour soi étaient assez forts, alors ceux qui tentent de nous dévaloriser n’y parviendraient pas.
Chacun est responsable de ce qui se passe en lui-même. Ce positionnement de responsabilisation est nettement plus sain et approprié, puisqu’il ouvre la liberté d’avoir le choix. Le fait de refuser de se laisser anéantir par l’autre en est un. En réalité, c’est un pouvoir qui n’existe que si on lui permet, consciemment ou pas d’exister. Nous pouvons aussi choisir l’intensité de la douleur… Notre liberté de choix est immense !
Quant à celui qui dévalorise, agresse, humilie ou méprise l’autre, il ne fait en réalité qu’exprimer son propre mal-être. Cela n’a donc rien à voir avec celui à qui il l’exprime. Celui qui se sent abaissé choisi alors de prendre pour lui quelque chose qui ne lui appartient pas.
Se placer en position de victime nous fait entendre que ce sont les autres qui devraient changer et pas soi-même. Ce comportement marque l’irresponsabilité de chacun. Certes, il n’est pas tolérable qu’une personne nous abaisse et cette personne exprimant son mal-être devrait se remettre en cause. Mais celui qui souffre d’avoir été abaissé n’est pas moins épargné d’une remise en cause personnelle.
L’avantage de retrouver sa liberté de choisir, c’est de prendre conscience de ses choix de situation. Par exemple, le choix d’assumer pleinement l’intention de ne pas changer son état de victime. Il arrive que certains aient besoin de se comporter en victime pour se faire remarquer. Il arrive aussi que certains provoquent la colère des autres (le plus souvent inconsciemment), afin de se conforter dans l’état de victime.
Un second choix, qui exige une intention spécifique, est de reprendre le gouvernail de ses comportements et de modifier ce qui ne convient pas. Cela se réalise plus facilement avec un accompagnement psychologique. Cela dépend encore de ses choix. Il suffit d’en avoir conscience.
Notre bien-être ne dépend pas du changement des autres, mais de notre changement intérieur. Ce changement de perspective permet de se placer en position d’acteur, de responsable de son équilibre psychique et de l’harmonie avec les autres. Une occasion d’évoluer avec plus de confiance, d’estime de soi et une meilleure qualité d’écoute de soi.
Catherine Sarrade
8 avril 2014